Quelle quantité de protéines par jour ?

9 juin 2026

Quelle quantité de protéines par jour, pour un homme de 70kg

Combien de protéines par jour faut-il consommer ? Si vous avez déjà posé la question autour de vous, vous avez probablement obtenu autant de réponses différentes que d’interlocuteurs. 1g par kilo de poids de corps ? 2g ? Voire davantage pour les plus musclés ? La confusion est compréhensible, tant les recommandations varient selon les sources : coaches sportifs, médecins, vendeurs de compléments alimentaires.

La bonne nouvelle, c’est que la science dispose aujourd’hui de réponses solides. Des méta-analyses de grande envergure, portant sur des milliers de participants, permettent de fixer des repères fiables selon votre profil et vos objectifs. Le plus surprenant ? Ces chiffres ne correspondent pas toujours aux idées reçues.

Dans ce guide, vous trouverez les recommandations protéiques basées sur les données scientifiques les plus récentes ; sans jargon inutile, et avec des exemples concrets pour passer directement à l’action.

❤ – L’essentiel à retenir

  • Le minimum recommandé par l’OMS pour un adulte sédentaire est de 0,8 g de protéines par kg de poids corporel par jour mais les experts le considèrent comme un strict minimum, pas un objectif.
  • Pour les sportifs, la fourchette optimale se situe entre 1,6 et 2,2 g/kg/j.
  • Une méta-analyse publiée dans le British Journal of Sports Medicine (Morton et al., 2018), portant sur 49 études et 1 863 participants, montre qu’au-delà de ~1,62 g/kg/j, les gains en masse musculaire ne progressent plus. La recommandation de 2,2 g/kg/j reste prudente pour « jouer large » face à la variabilité individuelle.
  • En phase de perte de poids, augmenter les protéines (jusqu’à 2,4 g/kg/j) aide à préserver la masse musculaire malgré le déficit calorique.
  • Les personnes âgées ont des besoins protéiques plus élevés que les jeunes adultes, pour contrer la sarcopénie (fonte musculaire liée à l’âge).
  • Il vaut mieux répartir ses apports en protéines sur 3 à 4 repas ou collations plutôt que de tout consommer en un seul repas.
  • Les protéines en excès ne sont pas dangereuses pour les reins chez les personnes en bonne santé ; mais une hydratation suffisante reste essentielle.

À quoi servent les protéines ?

Avant de parler de quantité, il convient de comprendre pourquoi les protéines occupent une place si importante dans notre alimentation. En termes de biologie, les protéines sont des macronutriments constitués d’acides aminés, que l’on pourraient comparer à des « briques » qui composent vos muscles, votre peau, vos ongles, vos cheveux, mais aussi vos anticorps, vos enzymes et vos hormones.

Pour un sportif, leur rôle est double. D’abord, elles participent à la réparation des microlésions musculaires causées par l’effort physique : chaque séance d’entraînement endommage légèrement les fibres musculaires, qui se reconstruisent ensuite plus solides grâce aux acides aminés disponibles. Ensuite, elles stimulent la synthèse protéique musculaire (SPM), le processus anabolique qui permet au muscle de croître.

Mais les protéines ne sont pas l’apanage des sportifs. Elles jouent un rôle essentiel pour tout le monde : soutien de l’immunité, synthèse des neurotransmetteurs, prévention des blessures, effet satiétogène (elles coupent l’appétit efficacement)… En clair : peu importe votre niveau d’activité physique, les protéines méritent votre attention.

Le minimum vital : ce que recommandent les autorités sanitaires

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme l’ANSES en France, fixe le besoin protéique minimal d’un adulte sédentaire à 0,8 g de protéines par kg de poids corporel par jour. Pour un homme de 70 kg, cela représente environ 112 g de protéines par jour.

Ce chiffre est souvent perçu comme la norme. Mais attention : il s’agit d’un seuil minimal permettant d’éviter les carences, pas d’un optimum pour la santé ou la performance. En deçà de ce seuil, les conséquences peuvent être sérieuses : fragilité osseuse, perte de masse musculaire, affaiblissement immunitaire.

Dès que vous pratiquez une activité physique régulière, qu’il s’agisse de jogging, de natation ou de musculation, vos besoins augmentent sensiblement.

Combien de protéines par jour selon votre objectif ?

C’est la question centrale, et la réponse varie selon ce que vous cherchez à accomplir. Voici les repères basés sur les données scientifiques actuelles.

Pour la prise de masse musculaire

C’est le cas le plus étudié dans la littérature scientifique. Une méta-analyse de référence publiée dans le British Journal of Sports Medicine (Morton et al., 2018), réalisée à partir de 49 essais contrôlés randomisés et 1 863 participants, apporte une réponse claire : la supplémentation en protéines augmente significativement la masse musculaire sans graisse (+0,30 kg en moyenne) et la force (+2,49 kg au 1RM (One-Repetition Maximum)) lors d’un entraînement en résistance prolongé.

Surtout, cette étude identifie un point de plateau : au-delà d’un apport total d’environ 1,62g de protéines par kg de poids corporel par jour, la progression en masse musculaire ne s’améliore plus de manière significative. En tenant compte de l’intervalle de confiance de cette estimation (1,03 à 2,20 g/kg/j), les auteurs recommandent de viser ~2,2 g/kg/j pour ceux qui souhaitent maximiser leurs gains, laissant une marge de sécurité face à la variabilité individuelle.

En pratique :

  • Débutant en musculation : 1,6 à 1,8 g/kg/j suffisent généralement à stimuler des gains notables.
  • Sportif intermédiaire ou avancé : 1,8 à 2,2 g/kg/j pour optimiser les adaptations musculaires.
  • Exemple concret : pour une personne de 75 kg, cela représente entre 120 et 165 g de protéines par jour.

Pour le maintien musculaire

Si vous pratiquez une activité physique régulière sans chercher à prendre de la masse, un apport de 1,4 à 1,8 g/kg/j suffit pour maintenir votre masse musculaire actuelle et soutenir votre récupération. C’est une fourchette adaptée aux personnes qui s’entraînent plusieurs fois par semaine sans objectif de « bulking ».

Pour la perte de poids (sèche musculaire)

Contre-intuitif ? Pas tant que ça. En phase de déficit calorique, le risque principal est de perdre de la masse musculaire en même temps que de la graisse. Or, augmenter les protéines pendant cette période est l’une des stratégies les mieux documentées pour limiter cette fonte musculaire.

La méta-analyse de Morton et al. ne couvre pas les périodes de restriction calorique, mais d’autres travaux scientifiques indiquent qu’un apport de 1,8 à 2,4 g/kg/j pendant une sèche permet de mieux préserver la masse maigre. Un effet bonus : les protéines sont le macronutriment le plus rassasiant, ce qui facilite le respect d’un déficit calorique dans la durée.

Pour les sports d’endurance

La course à pied, le cyclisme ou la natation sollicitent les protéines différemment de la musculation. Les muscles endurent un stress prolongé qui engendre également des dommages à réparer. Les recommandations pour ce profil se situent autour de 1,2 à 1,6 g/kg/j, selon l’intensité et le volume d’entraînement.

Vous pratiquez à la fois un sport d’endurance et de la musculation ? Ajustez votre fourchette entre les deux disciplines, en vous rapprochant de 1,6 à 1,8 g/kg/j.

L’âge change-t-il vos besoins en protéines ?

C’est l’un des angles les plus négligés des discussions sur les protéines. Pourtant, les données sont sans appel : les besoins en protéines augmentent avec l’âge.

Seniors et sarcopénie : un enjeu de santé publique

La sarcopénie, qui n’est autre que la perte progressive de masse et de force musculaire liée au vieillissement, est un problème de santé publique majeur. Elle augmente le risque de chutes, de fractures, de perte d’autonomie et de mortalité. Or, une alimentation riche en protéines est l’un des leviers les plus efficaces pour la prévenir ou la ralentir.

Une revue systématique et méta-analyse publiée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health (Coelho-Junior et al., 2022) confirme l’association entre un apport protéique insuffisant et la sarcopénie chez les personnes âgées, et souligne l’intérêt d’optimiser les apports dans cette population.

Pourquoi les seniors ont-ils besoin de plus de protéines ? Parce qu’ils présentent une résistance anabolique : leur organisme répond moins efficacement aux protéines ingérées pour stimuler la synthèse musculaire. Pour obtenir le même effet anabolique qu’un jeune adulte, ils doivent en consommer davantage, avec une attention particulière à la teneur en leucine (un acide aminé clé pour déclencher la SPM).

Les recommandations actuelles pour les personnes de plus de 65 ans actives se situent autour de 1,2 à 1,6 g/kg/j au minimum, et peuvent dépasser 2 g/kg/j lorsqu’un programme d’entraînement en résistance est combiné. La méta-analyse de Morton et al. souligne d’ailleurs que l’efficacité de la supplémentation protéique sur la masse musculaire diminue significativement avec l’âge (coefficient : -0,01 kg par année de vie, p=0,002) ; une raison supplémentaire d’anticiper et d’optimiser ses apports.

Comment répartir ses protéines au fil de la journée ?

Obtenir la bonne quantité de protéines, c’est une chose. Mais comment les consommer compte aussi.

La synthèse protéique musculaire présente une réponse dite « saturée » : consommer 60g de protéines en un seul repas ne déclenche pas deux fois plus de synthèse musculaire que 30g. En pratique, répartir ses protéines sur 3 à 5 prises par jour est préférable pour maintenir une stimulation anabolique optimale tout au long de la journée.

Une dose de 0,25 à 0,4 g/kg par prise (soit environ 20 à 40 g pour une personne de 75 kg) représente une bonne cible par repas ou collation.

Exemple de répartition pour une personne de 70 kg visant ~112 g de protéines/jour :

MomentAlimentsProtéines
Petit-déjeuner3 œufs~21g
Déjeuner290g de sardines~70,5g
Collation185g de Skyr~12 g
Dîner270g de parmesan~8,5 g

Concernant le fameux timing post-entraînement (« fenêtre anabolique »), la vision scientifique a considérablement évolué. Selon Morton et al. (2018), le timing de la prise post-exercice joue un rôle mineur sur les adaptations musculaires à long terme. Ce qui compte davantage, c’est l’apport total protéique sur la journée. Vous n’avez donc pas à avaler un shaker en urgence dans les vestiaires ; mais si vous n’avez pas mangé depuis plusieurs heures avant votre séance, une prise protéique post-effort reste pertinente.

Protéines animales VS végétales

La question revient régulièrement, notamment chez les végétariens et végétaliens. La réponse courte : la qualité des protéines compte, mais elle peut être compensée par la quantité et la complémentarité des sources.

Les protéines animales (viande, poisson, œufs, produits laitiers) contiennent les 8 acides aminés essentiels dans des proportions favorables, avec une haute biodisponibilité. Les protéines végétales (légumineuses, céréales, tofu, oléagineux) présentent souvent une carence en un ou plusieurs acides aminés essentiels, et une digestibilité moindre.

En pratique, les végétariens et végétaliens peuvent couvrir leurs besoins en :

  • Combinant céréales et légumineuses (riz + lentilles, pain complet + houmous) sur la même journée pour obtenir un profil en acides aminés complet ;
  • Visant l’extrémité haute de la fourchette protéique (2,2 g/kg/j) pour compenser la moindre biodisponibilité ;
  • Intégrant des sources riches en leucine (soja, edamame, protéines de pois).

La méta-analyse de Morton et al. n’a pas trouvé de différence significative entre protéines animales et végétales sur les gains en force musculaire ; une bonne nouvelle pour les sportifs qui souhaitent réduire leur consommation animale !

Trop de protéines : les risques réels, sans alarmisme

C’est l’une des questions les plus posées… et les plus mal comprises. Alors démêlons les faits des idées reçues.

  1. Les protéines sont-elles mauvaises pour les reins ? ➡️ Pour les personnes en bonne santé, sans pathologie rénale préexistante, la réponse est non. Des apports allant jusqu’à 2,5 g/kg/j ne déclenchent pas d’insuffisance rénale chez des individus sains. En revanche, les personnes souffrant de problèmes rénaux ou hépatiques doivent impérativement contrôler leurs apports et consulter un médecin. La prudence s’impose aussi pour dépasser durablement 3 g/kg/j, seuil au-delà duquel les données sont encore trop limitées pour conclure à une innocuité absolue.
  2. Les excès de protéines font-ils grossir ? ➡️ Les acides aminés non utilisés sont convertis en énergie ou stockés sous forme de graisses, comme n’importe quel autre macronutriment en excès calorique. Un excès de protéines dans un régime hypercalorique peut donc contribuer à la prise de masse grasse ; mais c’est l’excès calorique global qui est en cause, pas les protéines en tant que telles.

💡 Il ne sert à rien de dépasser les 2,2 g/kg/j si vous êtes en bonne santé et pratiquez la musculation : vous n’obtiendrez pas de gains musculaires supplémentaires, et vous dépenserez inutilement de l’argent en compléments. La science est ici d’une clarté rassurante.

Les meilleures sources alimentaires de protéines

Pour couvrir vos besoins quotidiens, voici les aliments les plus riches en protéines (pour 100 g de produit) :

Sources AnimalesProtéines / 100 gSources VégétalesProtéines / 100 g
Blanc de poulet32 gTempeh19 g
Gruyère / Comté28 – 30 gTofu ferme11 – 15 g
Steak de bœuf grillé28 gEdamame11 g
Thon au naturel25 gLentilles cuites9 g
Saumon20 gPois chiches cuits9 g
Œufs entiers13 g (~2 gros œufs)Quinoa cuit4 g
Fromage blanc 0%7 – 8 g——

Conclusion : la question de la quantité de protéines n’est pas aussi complexe qu’elle en a l’air. La science converge vers des recommandations claires : entre 1,6 et 2,2 g/kg/j pour les sportifs, avec un plancher à 0,8 g/kg/j pour les sédentaires. Au-delà de 2,2 g/kg/j, vous n’obtiendrez probablement pas de résultats supplémentaires sur le plan musculaire ; et votre porte-monnaie vous en sera reconnaissant.

Ce qui change vraiment la donne ? La régularité des apports sur la journée, la qualité des sources choisies, et l’adéquation de ces apports à votre profil : âge, niveau d’activité, objectif. Parce que la beauté de cette approche réside dans sa simplicité : pas de magie, pas d’excès inutiles ; juste des bases solides, ancrées dans la science.

FAQ

Combien de grammes de protéines par jour pour prendre du muscle ?

Pour maximiser la prise de masse musculaire, les données scientifiques pointent vers une fourchette de 1,6 à 2,2 g de protéines par kg de poids corporel par jour. Au-delà de ce seuil, une méta-analyse portant sur 49 études et 1 863 participants montre qu’aucun gain musculaire supplémentaire significatif n’est observé. Pour une personne de 75 kg, cela représente entre 120 et 165 g de protéines par jour.

Faut-il absolument manger des protéines juste après l’entraînement ?

La fameuse « fenêtre anabolique » de 30 minutes post-effort est aujourd’hui largement remise en question. Ce qui importe davantage, c’est votre apport total en protéines sur l’ensemble de la journée. Cela dit, si votre dernier repas date de plusieurs heures, une prise protéique après l’effort reste une bonne pratique pour relancer la synthèse protéique musculaire.

Les protéines en grande quantité sont-elles mauvaises pour les reins ?

Chez les personnes en bonne santé et sans pathologie rénale, des apports allant jusqu’à 2,5 g/kg/j ne sont pas associés à une dégradation de la fonction rénale. Cette croyance est un mythe pour les individus sains. En revanche, les personnes souffrant de maladies rénales ou hépatiques doivent impérativement consulter un professionnel de santé avant d’augmenter leurs apports.

Quelle est la meilleure source de protéines pour la musculation ?

Il n’existe pas de source « miracle ». Les protéines animales (viande blanche, poisson, œufs, produits laitiers) affichent une haute valeur biologique et sont facilement assimilées. Les protéines végétales (soja, lentilles, pois chiches, quinoa) peuvent tout à fait couvrir vos besoins si elles sont combinées intelligemment et consommées en quantité suffisante. La différence entre les deux sources sur les gains en force musculaire est minime selon les données scientifiques actuelles.

Les besoins en protéines augmentent-ils avec l’âge ?

Oui, et c’est souvent sous-estimé. Avec l’âge, l’organisme devient moins efficace pour utiliser les protéines ingérées(résistance anabolique), ce qui nécessite des apports plus élevés pour maintenir la masse musculaire. Les personnes de plus de 65 ans devraient viser au minimum 1,2 à 1,6 g/kg/j, et idéalement davantage si elles pratiquent une activité physique. Une revue systématique publiée en 2022 confirme que des apports protéiques insuffisants sont directement associés à la sarcopénie (fonte musculaire liée à l’âge).

Inscrivez-vous à notre newsletter

testimonial testimonial testimonial
REMETTONS LA SANTÉ AU COEUR DE NOTRE VIE

Apprenez à vivre en bonne santé, directement depuis votre boîte mail.

Adresse mail

Inscription

Laisser un commentaire